Récit du début de la révélation et de l'hégire 

^A'ichah, que Allah l'agrée, a dit : "La première chose par laquelle a débuté la révélation pour le Messager de Allah, c'est le rêve prémonitoire. Il voyait en rêve des événements qui se réalisaient exactement comme il les avait vus". 

Lorsque le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam se trouva dans la grotte de Hira' [- c’est une grotte où il se rendait pour méditer -], un jour, vint à lui notre maître Jibril ^alayhi s-salam et le Messager de Allasalla l-Lahou ^alayhi wa sallam était alors âgé de quarante ans.

C'est à cet endroit qu'il reçu de la part de Jibril les premières 'ayah de sourat Al-^Alaq

اقرَأ باسمِ رَبّكَ الذي خَلَقَ خَلَقَ الإنسَانَ من عَلَقٍ

اقرأ ورَبُّكَ الأكرَمُ  الذي عَلَّمَ بالقَلَمِ عَلَّمَ الإنسَانَ مَا لَم يَعلَم

(iqra' bismi Rabbika l-ladhi khalaq ; khalaqa l-'insana min ^alaq ; 'iqra' wa Rabbouka l-'akram ; al-ladhi ^allama bi l-qalam ; ^allama l-'insana ma lam ya^lam[sourat Al-^Alaq /1-5]

Après cela, le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam commença à appeler les gens à adorer Allah et à interdire l'adoration des idoles. Lui-même n'avait jamais adoré une statue de sa vie, mais il grandit sur la croyance en Allah ta^ala depuis son enfance. Comme tous les prophètes, il était lui aussi préservé de toute mécréance aussi bien avant l'avènement de sa mission, qu'après avoir reçu la révélation.

La première femme qui crut en lui fut sa femme Khadijah, le premier enfant qui crut en lui fut ^Aliyy Ibnou Abi Talib et le premier des hommes fut Abou Bakr As-Siddiq.

Les associateurs de La Mecque eurent connaissance de l'appel du Prophète, ils commencèrent alors à lui faire du tort et à nuire à ses compagnons. Parmi ceux qui le prirent pour ennemi, il y avait son oncle, Abou Lahab et la femme de ce dernier 'Oummou Jamil fille de Harb. Il a été rapporté dans le hadith que lorsque fut révélée Sa parole ta^ala :

وأنذِر عَشِيرَتَكَ الأقرَبينَ

(wa 'andhir ^achirataka l-'aqrabin)

ce qui signifie : "Et avertis les gens qui te sont les plus proches[sourat Ach-Chou^ara' / 214]

Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam monta sur le mont As-Safa et dit à la tribu de Qouraych qui s'était alors réunit pour l'écouter :

أرأيتُم إن أخبرتُكم أنَّ العدوَّ مصبِحُكُم أو ممسيكُم أما كنتم تصدقوني 

('ara'aytoum 'in 'akhbartoukoum 'anna l-^adouwwa mousbihoukoum 'aw moumsikoum 'ama kountoum tousaddiqouni)

ce qui signifie : "Si je vous informe que l'ennemi va vous attaquer matin ou soir, ne me croirez-vous pas ?". Ils lui répondirent qu'ils le croiraient assurément. C'est alors qu'il leur dit :

فإني نذيرٌ لكم بينَ يدي عذابٍ شديدٍ

(fa'inni nadhiroun lakoum bayna yaday ^adhabin chadid)

ce qui signifie : "Je suis pour vous l'avertisseur d'un châtiment intense". Abou Lahab s'exclama alors : "Malheur à toi, est-ce pour cela que tu nous a réunis ?". Allah révéla alors au prophète Sa parole ta^ala :

تَبَّت يَدا أبي لَهَبٍ

(tabbat yada ‘abi lahab) [sourat Al-Maçad / 1

ce qui signifie : "Malheur aux mains de Abou Lahab".

Lorsque l’oncle du Prophète, Abou Talib est mort, les gens de Qouraych ont osé porter davantage atteinte à l'Élu salla l-Lahou ^alayhi wa sallam. Au point qu'un impudent parmi les gens de Qouraych lui avait jeté de la terre sur la tête. Le Messager de Allah rentra chez lui et il restait sur sa tête un peu de cette terre. L'une de ses filles se leva aussitôt et commença à lui laver la tête en pleurant. Elle était si attristée de voir le mal que les gens pouvaient faire à son père. Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam lui dit alors :

 لاَ تَبْكِي يَا بُنَيَّةُ فَإِنَّ اللهَ مَانِعٌ أباكِ 

(la tabki ya bounayyah, fa 'inna l-Laha mani^oun 'abaki)

ce qui signifie : « Ne pleure pas ma fille, Allah protège ton père ».

Lorsque vint l'ordre de faire l'Hégire, les associateurs parmi la tribu de Qouraych surent que l'on avait prêté serment au Messager de Allah et que celui-ci ordonnait à ses compagnons d'aller à Médine, alors ils se réunirent et se mirent d'accord pour le tuer.

Le Prophète de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam alla chez Abou Bakr, que Allah l'agrée, et l'informa qu'il avait reçu l'ordre de faire l'Hégire –l’émigration–. Il demanda alors au Prophète de pouvoir l'accompagner et il accepta. Alors Abou Bakr pleura de joie pour cela. Puis ils montèrent sur deux chamelles que Abou Bakr avait préparées et partirent jusqu'à ce qu'ils arrivent à la grotte de Thawr où ils entrèrent.

'Anas a rapporté que lors de l’émigration, avant d’entrer dans la grotte, Abou Bakr avait dit au Prophète : « Ô Messager de Allah laisse-moi entrer avant toi. S’il y a une vipère ou quelque chose de dangereux, cela m’atteindra et tu ne seras pas touché ».

Abou Bakr entra dans l’obscurité de la grotte, et tâtonna avec ses mains, et chaque fois qu’il trouvait un trou il le bouchait à l’aide d’une partie de son vêtement. Lorsqu’il eut utilisé toute sa cape, il mit alors son talon pour boucher le dernier trou qui restait, puis il fit entrer le Messager de Allah.

Au matin le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam demanda à Abou Bakr où se trouvait sa cape, et Abou Bakr lui apprit ce qu’il avait fait. Alors le Messager de Allasalla l-Lahou ^alayhi wa sallam leva les mains en disant ce qui signifie : « Ô Allah fais que Abou Bakr ait un haut degré avec moi au jour du jugement » et Allalui a révélé qu'Il a exaucé cette invocation.

Les mécréants avaient suivi leurs traces et lorsqu'ils furent proches d'eux, ils envoyèrent un jeune homme pour observer la grotte, mais quand celui-ci vit qu'il y avait un oiseau, un arbre devant l'entrée de la grotte, et une toile d’ataignée, il revint auprès de ses compagnons et les informa qu'il n'y avait personne dans la grotte.

En effet, Allah a ordonné à un arbre de pousser juste devant l'entrée de la grotte qui les cacha, et Allah ordonna à un oiseau de pondre ses œufs et de les couver et Il ordonna également à l’araignée de tisser sa toile à l’entrée de la grotte.

Puis par la suite, lorsque le Messager arriva enfin à Médine monté sur sa chamelle, il l'a laissa marcher sans la guider jusqu'à ce qu'elle s'accroupit devant la maison de Abou 'Ayyoub Al-'Ansariyy Khalid Ibnou Zayd, cela indiqua chez qui le Prophète allait séjourner jusqu'à ce qu'il construise sa mosquée et ses lieux d'habitation.

Médine l'Illuminée s'appelait auparavant Yathrib. Mais elle a été appelée ensuite Al-Madinah Al-Mounawwarah, c’est à dire « la ville illuminée », car elle a été illuminée par la venue du Messager. Le Prophète y demeura et fut rejoint par ses autres compagnons par la suite. Il y résida dix ans selon l’unanimité des savants.

La datation utilisée par les musulmans a commencé le mois de Al-Mouharram de l’année dans laquelle il a émigré. La dixième année après l’Hégire, le prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam accomplit le hajj et il n’a pas été confirmé qu’il en ait fait un autre que celui-là. Ce pèlerinage a été surnommé le pèlerinage de l’adieu, car le guide de notre communauté est décédé quatre-vingt jours environ après ce pèlerinage. Il avait alors soixante-trois ans. Il avait donc appelé à l’adoration de Allah pendant vingt-trois années. Il fut enterré là où il est décédé, dans la chambre de sa femme ^A'ichahque Allah l'agrée. Sa tombe honorée est réputée et visitée jusqu'à nos jours.

Al-Bayhaqiyy a rapporté dans ses Chou^ab du hadith de ^A’ichah que Allah l’agrée, qu'elle a dit : « Chaque jour qui se lève, 70 000 anges descendent du ciel et entourent la tombe du Prophète, ils battent de leurs ailes et ils invoquent Allah pour qu’Il honore davantage le Prophète. Et lorsque la nuit tombe, ils remontent au ciel et 70 000 nouveaux anges descendent et ils font la même chose que cela. Et ainsi de suite, tous les jours et toutes les nuits jusqu’au jour du Jugement, lorsque la terre s’ouvrira pour lui, il sera accompagné de 70 000 anges ».

La visite de la tombe du Messager honoré salla l-Lahou ^alayhi wa sallam est recommandée selon l'Unanimité des savants, c'est-à-dire selon les quatre imams de al-ijtihad et les autres savants, tant pour ceux qui résident à Médine que pour ceux qui habitent loin d'elle. Le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit :

مَن زارَ قبري وجبَت له شفاعتي 

(man zara qabri wajabat lahou chafa^ati)

[rapporté par Ad-Daraqoutniyy et confirmé par le Hafidh As-Soubkiyy] ce qui signifie : "Celui qui visite ma tombe, mon intercession lui est due".

Que Allah nous accorde de visiter sa tombe honorée à Médine l'Illuminée.

Et la louange est Allah, le Seigneur des mondes.