Le retour de Maryam parmi son peuple

Entre-temps, notre maître Zakariyya s’interrogea sur l’absence de Maryam. Il envoya alors Youçouf An-Najjar à sa recherche. Youçouf arriva en compagnie d’un homme en qui il avait confiance. Lorsqu’il s’adressa à Maryam, celle-ci ne lui répondit pas mais montra simplement ^Iça qui était sur ses genoux. Allah tabaraka wa ta^ala fit alors parler ^Iça qui était encore nouveau-né. ^Iça ^alayhi s-salam dit ce qui signifie : « Youçouf, réjouis-toi ! A toi la bonne nouvelle ! Que ton cœur soit apaisé. Mon Seigneur m’a fait sortir de l’obscurité de l’utérus vers la lumière du bas-monde et je viendrai aux fils de 'Isra'il pour les appeler à l’obéissance à Allah ».

Après cela, Youçouf An-Najjar a emmené Maryam et son fils ^Iça dans une grotte pour leur servir de refuge. Puis, il partit dire à notre maître Zakariyya ce qui était arrivé. Il est revenu ensuite auprès de Maryam après que ses lochies [- le sang qui sort suite à l'accouchement -] soit terminées, et c’était quarante jours plus tard, il les a alors fait sortir elle et son fils. Lorsque Maryam s'était apaisée suite aux signes qu'elle avait vu, elle a ramené ^Iça à son peuple. Elle a rejoint son peuple, portant son fils ^Iça dans ses bras dans Bethléem­. Allah ta^ala dit :

فأتَتْ بهِ قومَها تحمِلُهُ قالوا يا مريمُ لقدْ جئتِ شيئا فريـًّا

(fa’atat bihi qawmaha tahmilouhou ; qalou ya Maryamou laqad ji’ti chay’an fariyya

ce qui signifie : « Elle est partie rejoindre son peuple en le portant dans ses bras. Ils lui ont dit : Ô Maryam, tu as fait là quelque chose de très réprouvable » [sourat Maryam / 'ayah 27].

Ils lui ont dit : « Ô Maryam tu n’es pas de celles qui font ces choses-là ! Ton père ^Imran, n’était pas un homme mauvais et ta mère Hannah n’était pas une fornicatrice  ! D’où tiens-tu alors cet enfant ? ». Ils ont ainsi pensé du mal d’elle. Ils se sont mis à lui faire des reproches et à la blâmer. Une femme a même tendu sa main pour frapper notre dame Maryam, mais lorsqu’elle a tendue sa main, Allah a éprouvé cette femme de sorte que sa main s’est retrouvée paralysée. Un homme a dit aussi : « Moi, je ne vois pas autre chose qu'elle ait pu faire si ce n’est la fornication ». Allah a éprouvé cet homme et l'a rendu muet, il ne pouvait plus parler. Par honneur pour elle et son fils, Allah a ainsi éprouvé ceux qui voulaient lui faire du mal.

C'est alors que les gens ont pris peur, ils ne voulaient plus ni la frapper ni dire à son sujet une quelconque parole qui lui ferait du tort. Ils se sont mis au contraire à lui dire des paroles douces. Ils lui disaient: « Ô Maryam, ce que tu a eu là est quelque chose d'extrêmement étonnant », ils ont su que c'était une femme vertueuse, ascète, pieuse, ils ont su qu’elle était une sainte. [- Tellement, elle était ascète et vertueuse qu'on la comparait à un homme pieux et vertueux qui faisait parti des fils de Isra'il qui s'appelait Haroun. Quand cet homme est mort, il y a eu 40 000 personnes qui ont marché dans son convoi funéraire. Au sujet de cet homme, il ne s’agit pas de Haroun le frère du Prophète Mouça, en effet, entre ^Iça et Mouça, il s'est écoulé une longue période -].

Maryam s'était attachée au silence, elle s’était attachée à ce qui lui avait été ordonné. Elle s'est abstenue de parler et est restée silencieuse. Elle montra ^Iça ^alayhi s-salam en faisant un signe avec sa tête pour qu’ils regardent ^Iça.

Mais le fait qu'elle soit restée silencieuse et qu'elle n'ait pas parlé, cela a mis certaines personnes en colère, ils n’ont pas pu retenir leur colère, que Allah nous en préserve, ils ont même osé dire : « Le fait qu'elle se moque de nous est encore plus grave, que le fait qu'elle ait commis la fornication ». C’est alors qu’ils lui ont dit ce que Allah nous apprend dans le Qour’an :

فأشارَتْ إليهِ قالوا كيفَ نكلّمُ مَن كانَ في المهدِ صبيًّا

(fa'acharat 'ilayh ; qalou kayfa noukallimou man kana fi l-mahdi sabiyya

ce qui signifie : « Elle le montra du doigt. Et ils lui dirent : "Comment veux-tu que nous parlions à un enfant encore nourrisson dans son landau !" » [sourat Maryam / 'ayah 29].

C'est alors qu'est venu notre Maître Zakariyya, celui grâce auquel Maryam avait obtenu ce haut degré en suivant sa Loi. Il s'est adressé à ^Iça qui était encore au berceau et il lui a dit : « Donne tes preuves, si tu as reçu l'ordre de le faire ». C'est alors que notre Maître ^Iça ^alayhi s-salam a dirigé vers eux son visage honoré, il s'est appuyé sur sa main gauche, il a levé sa main droite, a pointé vers eux son index et leur a dit [- avec des paroles claires et audibles, Allah tabaraka wa ta^ala a fait prononcer par Sa toute-puissance notre maître ^Iça ^alayhi s-salam alors qu’il était encore nourrisson -] :

قال إنّي عبدُ اللهِ ءاتانيَ الكتـبَ وجعلَني نبيًّا وجعلَني مبارَكًا

 

 أينَ ما كنتُ وأوصَاني بالصـلوةِ والزكوةِ ما دُمْتُ حَيًّا 

(qala 'inni ^Abdou l-Lah ; 'ataniya l-kitaba wa ja^alani nabiyya ; wa ja^alani moubarakan 'aynama kountou wa 'awsani bi s-salati wa z-zakati ma doumtou hayya)

ce qui signifie : « Il a dit : Je suis l’esclave de Allah. Il m’a accordé le Livre et a fait de moi un Prophète. Il a fait que je sois béni où que je sois [- c'est-à-dire que je suis utile et profitable et j’enseigne le bien où que je me dirige-]. Il m’a ordonné la prière et la zakat tant que je suis vivant » [sourat Maryam / 'ayah 30-31].

Quand les gens ont entendu les paroles de ^Iça, il se sont soumis, ils y ont adhéré par leur coeur et ont dit : « C’est là quelque chose de très éminent ». Puis notre maître Zakariyya ^alayhi s-salam a dit : « La louange est à Allah Qui nous a innocenté des accusations des pervers parmi les fils de 'Isra'il grâce à ce qu'a dit ^Iça ^alayhi s-salam ».

Et par la suite ^Iça n'a plus parlé, il est resté ensuite comme le sont habituellement les nourrissons.

 

[-Information utile : La parole de ^Iça lorsqu’il a dit qu’il est l’esclave de Allah est une preuve que les Prophètes sont sur la croyance en Allah avant de recevoir leur mission de Prophète tout comme après. C'était le cas également de 'Adam ^alayhi s-salam, lorsque Allah l'a fait parlé pour la première fois, il a dit (al-hamdou li l-Lahi rabbi l-^alamin) ce qui signifie : « La louange est à Allah, le Seigneur des mondes » -].